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Histoire des parfums de Grasse

Depuis 2018, le savoir-faire grassois est reconnu au patrimoine mondial culturel et immatériel de l’humanité

Depuis le XIIIe siècle, Grasse est réputée pour son artisanat de la tannerie et de la ganterie. À la fin du Moyen Age et au début de la Renaissance, la qualité de ses peaux lui permet d’exporter ses manufactures vers toute l’Europe. Cependant, les méthodes de tannage, par l’emploi d’excréments et de graisse, exhalent des odeurs nauséabondes et pestilentielles, ce qui contraint les tanneurs, bien que protégés par leur corporation, à s’éloigner du centre de la ville. La population la plus aisée refuse de partager son espace urbain avec un artisanat si malodorant.

Au XVIIIe siècle, un tanneur de génie, Jean De Galimard, parvient à pallier à cette difficulté en tissant un indéfectible lien entre la tannerie et la parfumerie : il asperge ses créations d’essences parfumées. L’idée novatrice de Monsieur de Galimard, Seigneur de Seranon, est celle de créer des gants en cuir, parfumés ensuite dans des « bains de senteur » (eau de rose, épices), selon la méthode orientale. Par son invention, il inaugure la nouvelle corporation des « gantiers-parfumeurs » en 1724. Son succès est tellement fulgurant, que Jean de Galimard fournit la cour du roi Louis XV.

En effet, le terroir grassois est particulièrement propice à cette nouvelle production : la création du parfum sera suivie par sa commercialisation internationale. Le climat favorise la culture de plantes très odorantes et les paysans distillent leurs fleurs eux-mêmes pour en revendre l’essence. Si, au début, l’oranger, la lavande, le cassier, le myrte et le lentisque pistachier occupent la plus grande partie des champs cultivés, au XVIIe siècle, l’importation de nouvelles essences contribue au rayonnement grassois en Europe. Le jasmin d’Inde et la tubéreuse italienne accompagnent la rose, dont le début de la culture est aussi de cette époque.

Tout naturellement, le XVIIIe siècle voit la disparition progressive du travail du cuir et de la ganterie au profit de la parfumerie seule. Le savoir-faire particulier des parfumeurs de Grasse est dès lors renommé.

Tout au long du XIXe siècle, les environs de Grasse se transforment en un immense jardin fleuri et le nombre de parfumeurs explose. Chacun forme ses « nez » de Grasse, ceux qui vont sélectionner les meilleures senteurs et les associer pour créer de nouveaux parfums. Vers la fin de ce siècle, toutefois, face à la concurrence mondiale, la culture des plantes à parfums à Grasse est en difficulté. Le risque de perdre ce précieux savoir-faire est menaçant. C’est ainsi que les producteurs s’allient en coopérative et en associations : la tradition de la parfumerie grassoise survit et se renforce.

Depuis 2018, en vertu de tous ces efforts de protection et sauvegarde, le savoir-faire grassois est officiellement reconnu au patrimoine mondial culturel et immatériel de l’humanité. Un comité spécialisé de l’UNESCO réuni à Port-Louis, capitale de l’île Maurice, a récompensé les savoir-faire liés au parfum de Grasse. Ces techniques recouvrent trois aspects différents, détaille l’UNESCO dans un communiqué : « la culture de la plante à parfum, la connaissance des matières premières et leur transformation et l’art de composer le parfum ».

Le maire actuel de Grasse, Jérôme Viaud, a ainsi réservé des terrains pour que de jeunes producteurs s’installent. « Nous allons réintroduire 70 hectares de plantes à parfum pour que le Pays de Grasse accueille de nouveau la rose Centifolia, le jasmin, la tubéreuse, toutes ces plantes qui font la fierté de la parfumerie Grassoise ».

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